Nous et les autres, Alain de Benoist

Nous et les autres - Problématique de l'identité

Nous et les autres - Problématique de l'identité est un livre d'Alain de Benoist paru en 2006 aux Editions Krisis.

Présentation


Après la liberté et l’égalité, l’identité est aujourd’hui devenue un enjeu essentiel. Plus la globalisation s’étend à l’échelle planétaire plus la revendication de ceux qui veulent faire reconnaître leur identité se fait puissante. Et, de fait, l’identité est un bien essentiel. Elle est constitutive de nos fins. Mais la question de l’identité ne se pose vraiment que lorsque cette identité est menacée ou qu’elle a disparu. Dès l’instant que l’on s’interroge sérieusement sur la notion d’identité, en refusant de n’en faire qu’un mot-fétiche ou un slogan, on constate que l’on se trouve devant une notion très complexe. Qu’est-ce que l’identité ? C’est à cette question qu’Alain de Benoist s’attache à répondre dans ce livre.
Rappelant que la problématique de l’identité est essentiellement une problématique moderne, Alain de Benoist en retrace la généalogie. Il montre que la dynamique libérale, en arrachant l’homme à ses liens communautaires et traditionnels, à ses modes de vie différenciés, a mis en œuvre un processus d’indistinction qui, par contrecoup, explique la montée des identités politiques ou idéologiques et des identités de classes. Le résultat a été que la part subjective de l’identité a pris de plus en plus d’importance par rapport à sa part objective. Aujourd’hui, la frontière entre appartenances héritées et appartenances choisies tend à s’estomper: l’identité n’est plus agissante que pour autant que l’individu le veut bien.
Mais il y ai aussi une pathologie de l’affirmation identitaire. Alain de Benoist montre qu’elle repose en général sur une mauvaise compréhension de ce qu’est l’identité. L’identité n’est pas une essence intangible, mais une substance narrative. Elle n’est pas ce qui définit en nous ce qui ne change jamais, mais bien plutôt ce qui définit notre façon spécifique de changer. Enfin, elle est nécessairement dialogique : si l’identité est bel et bien constitutive de soi, elle se construit et se reconstruit dans un perpétuel rapport avec l’Autre. Ce qui la menace aujourd’hui le plus, ce qui menace la différence, c’est la « désymbolisation marchande » , qui enlève toute valeur à ce qui ne s’exprime pas dans le registre de la marchandise et de la consommation.

Tables des matières


  • Naissance d’un questionnement
  • La modernité libérale face à la question de l’identité
  • La critique communautarienne ou la culture comme constitutive de soi
  • Reconnaissance d’autrui ou déni des différences
  • Toute identité est dialogique
  • L’identité comme narration
  • Alternance et « proximité », mémoire et histoire
  • Pathologie de l’identité
  • Le régime postmoderne
  • L’identité, victime de la désymbolisation marchande.

Avis d'Eric Werner / Sur l'autonomie

alain de benoist photoCa tombe bien, dit l'Auteur, je viens de lire le dernier ouvrage d'Alain de Benoist: Nous et les autres, problématique de l'identité (Krisis, 2006). C'est intéressant comme ouvrage. A. de B. dit que l'identité "ne peut être pensée que dans une dynamique, une dialectique, une logique de la différence toujours confrontée au changement" (p.79). Ca devrait plaire au Sceptique. Le Sceptique, comme vous le savez, ne croit pas aux essences éternelles. Moi non plus, d'ailleurs. A. de B. dit aussi: "Nul ne réalise seul sa destinée" (p. 71). Ici je serais plus réservé. Effectivement, comme il l'explique, le sujet individuel n'existe qu'en lien étroit avec l'élément communautaire (famille, peuple, Etat, nation, culture, etc.). Il est aussi le produit d'une certaine histoire, histoire qui se prolonge en lui, en même temps qu'il la transmet aux autres après lui. La société est donc bien première par rapport à l'individu. Tout cela est vrai. En même temps, il n'est pas niable que les valeurs individualistes ont aujourd'hui beaucoup gagné en importance. De plus en plus de gens aspirent à l'autonomie. Nul, peut-être, ne réalise seul sa destinée, mais beaucoup aujourd'hui le pensent (qu'ils réalisent seuls leur destinée). Non seulement, d'ailleurs, ils le pensent, mais ils vivent d'une certaine manière comme s'il en était déjà ainsi. C'est très nouveau comme attitude. Par là même, l'écart originel entre les valeurs individualistes et la réalité, s'il subsiste, n'en tend pas moins sensiblement à se réduire. L'idée d'un sujet "désengagé", libre de toute détermination a priori, acquiert une part au moins de vérité. C'est très typiquement un processus d'auto-réalisation. Le paradoxe, évidemment, est que cette évolution s'impose aux individus de l'extérieur: c'est la société elle-même qui pousse à l'autonomie! La société reste donc bien, en ce sens, première par rapport à l'individu. Tu ne parles pas d'Antigone, dit le Double. C'est un chapitre à part, dit l'Auteur. Mais tu as raison, on ne peut pas, dans ce contexte, ne pas en parler. Une prochaine fois peut-être.

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