L'équipe de rédaction


La revue Krisis a été créée en 1988 par Alain de Benoist, qui en est directeur de publication, assisté depuis 2003 de Thibault Isabel à la rédaction en chef. 


Alain de Benoist - Publications dans la revue Krisis 2005-2017
Krisis 47 Alain de Benoist / Le massacre des Saxons païens de Verden.
Krisis 41 Alain de Benoist / Les femmes selon Raymond Abellio.
Krisis 40 Alain de Benoist : Problématique de l’identité juive
Krisis 35 Alain de Benoist / Multitude ou chaos ? Sur les thèses de Michael Hardt et Antonio Negri
Krisis 34 Alain de Benoist : Le retour de la France dans l’OTAN. Une analyse sur le vif (2009).
Krisis 33 Alain de Benoist : Le héros et les « péchés du guerrier ».
Krisis 33 Alain de Benoist : Violence sacrée, guerre et monothéisme.
Krisis 32 Alain de Benoist : Libéralisme et morale.
Krisis 31 Alain de Benoist : Pourquoi n’y a-t-il pas de « conservatisme » en France ?
Krisis 29 Alain de Benoist, Le peuple entre sécession et mise à l'écart.
> Retrouvez ces articles d'Alain de Benoist ici



Thibault Isabel - Publications dans la revue Krisis 2005-2017 
Krisis 47 Thibault Isabel / Est-il donc si absurde d’adorer des dieux?
Krisis 46 Thibault Isabel / Individualisme, nationalisme et identité à l’ère du village global.
Krisis 45 Thibault Isabel / Qu’est-ce qu’un écologisme païen?
Krisis 45 Débat entre Frédéric Dufoing et Thibault Isabel / Faut-il avoir peur du transhumanisme?
Krisis 44 Thibault Isabel / Essor et déclin de la modernité dans l’Histoire.
Krisis 43 Thibault Isabel / Le «style paranoïde» de l’industrie culturelle américaine.
Krisis 42 Thibault Isabel / L’idée fédérale chez Pierre-Joseph Proudhon.
Krisis 41 Thibault Isabel / Le sexe exclut-il le genre ? Réflexion sur l’inné et l’acquis dans l’identité homosexuelle.
Krisis 41 Thibault Isabel / Le problème de la séparation des sexes à travers l’histoire. Hommes et femmes doivent-ils être complémentaires ou semblables ?
Krisis 37 Débat : Thibault Isabel : Plaidoyer contre l’intolérance laïque. Penser la pluralité dans un monde en perpétuelle recomposition
Krisis 36 Thibault Isabel : Dieu, l’Un et le Multiple. Réflexion sur les deux formes fondamentales de religion
Krisis 36 Thibault Isabel : La philosophie religieuse de Maître Xun. Culture, spiritualité et pensée cosmogonique au temps de Confucius
Krisis 32 Thibault Isabel : Le concept de « propriété » dans la pensée de Proudhon.
Krisis 30 Thibault Isabel, Nietzsche, Rank, Kohut. Vers une psychologie dyonisiaque.
Krisis 30 Thibault Isabel, Une généalogie psychologique de la morale.
Krisis 29 Thibault Isabel, Christophe Lasch, un populiste contre le progrès.
Krisis 28 Thibault Isabel, Les hommes et la cité : une approche psychologique.
Krisis 27 Thibault Isabel, Hésiode et le mythe de la décadence : la nostalgie des origines ?
> Retrouvez ces articles de Thibault Isabel ici


A l'été 1988, Alain de Benoist crée la revue Krisis: «On était en train de changer d'époque. C'était la fin de la modernité, la fin de l'après-guerre. Krisis est une des premières revues postmodernes. Le premier numéro est d'ailleurs sorti un an avant la chute du mur de Berlin».

Son idée était de créer «une revue de droite et de gauche, d'ailleurs et de nulle part», souhaitant rester fidèle à son principe de "métapolitique", c’est-à-dire à son sens, « la politique vue de loin, le fait de ramener les choses au niveau des principes". "Je voulais favoriser le débat entre les personnes qui n'ont pas l'occasion de débattre entre eux. Par exemple, pour le numéro sur la sexualité, il y avait un face-à-face entre l'éditeur de Sade et Christine Boutin.»

Le texte de présentation du numéro 1 se concluait par ces phrases: «Krisis sera un lieu de débat et de questionnement. On y lira des points de vue différents et souvent opposés. La revue fera largement appel à des personnalités de tous horizons, mais toutes convaincues de la nécessité d'un travail de la pensée. Il s'agit de constituer un lieu où la libre confrontation remplace le choc des intérêts et la guerre des partis pris. Il s'agit de sortir de l'univers de la mode et de la logique de l'exclusion. De subvertir l'axiomatique du rendement par le recours aux idées. De restituer aux événements et aux choses leur dimension de profondeur. De rechercher un dépassement du nihilisme non pas tant au travers de l'Ueberwindung ou de l'Aufhebung hégélienne, mais du côté plutôt de la Verwindung heideggerienne, du surmontement, du s'en remettre. C'est dire que Krisis ne s'intéressera à l'actualité que pour autant que celle-ci s'excédera d'elle-même. Et que sur le plan politique, elle sera de gauche, de droite, du fond des choses et du milieu du monde. Krisis, cela signifie en grec déchirement, jugement, choix, décision.                                                                                                                                                                                                   En août 2013, à la question "Dans les trois revues que vous avez fondées, Nouvelle ÉcoleÉléments et Krisis, vous arrive-t-il de publier des papiers sur lesquels vous êtes en franc désaccord?", Alain de Benoist répondait: "Bien entendu, et tout particulièrement dans Krisis, qui se définit depuis sa création comme une «revue d’idées et de débats». J’y publie très souvent, non seulement des textes sur lesquels je suis en complet désaccord, mais aussi des tribunes libres dont les auteurs soutiennent des points de vue parfaitement opposés. Il n’y a que comme cela que l’on peut se forger librement une opinion. Dans son essai sur L’argent (1913), Péguy disait très justement qu’«une revue n’est vivante que si elle mécontente chaque fois un bon cinquième de ses abonnés». «La justice, ajoutait-il, consiste seulement à ce que ce ne soient pas toujours les mêmes qui soient dans le cinquième. Autrement, je veux dire quand on s’applique à ne mécontenter personne, on tombe dans le système de ces énormes revues qui perdent des millions, ou en gagnent, pour ne rien dire, ou plutôt à ne rien dire.» Ce n’était pas mal vu.




En mars 2015, Manuel Valls s’en était pris publiquement à notre groupe éditorial dans sa polémique contre Michel Onfray. Les chiens de garde de la pensée unique l’avaient vite rejoint dans ses aboiements intempestifs. Nous étions accusés de «brouiller les repères» et d’effacer les anciens clivages. Renaud Dély, rédacteur en chef du Nouvel Observateur, avait alors traité Krisis de revue «élitiste», qui «complexifie» la pensée. Avoir une pensée «complexe» semble donc être une insulte à ses yeux ; c’est dire dans quel état de déliquescence se trouvent nos médias actuels! 

En vérité, nous sommes fiers d’œuvrer depuis près de trente ans à une vaste entreprise de réflexion. Des intellectuels de tous les bords se rejoignent pour dénoncer la mort de l’esprit, la crise de la culture et l’arraisonnement du monde à la logique marchande. 

Krisis est une revue de débats. Certes, on ne parle jamais de nulle part; chaque numéro tend dans une direction ou une autre, ne serait-ce que par les choix éditoriaux, de sorte qu’un «fil rouge» se dégage aux yeux du lecteur. Mais la revue ne propose jamais un point de vue monolithique; elle fait plutôt appel à un panel d’auteurs aux approches contradictoires. 

Krisis n’est pas une revue politique. Si elle n’est ni de droite ni de gauche, c’est aussi tout simplement qu’elle n’a pas vocation à se positionner sur un axe qui ne la concerne pas. Les numéros portant sur des thèmes strictement politiques sont rares, et maintiennent le principe de la contradiction et du pluralisme des idées. La revue ne se donne pas pour but de défendre une cause ou un parti, mais de réfléchir et de dialoguer. L’immense diversité d’opinions de ses collaborateurs en témoigne. En interne, ses responsables éditoriaux sont eux-mêmes loin d’avoir toujours les mêmes idées. Cela ne les empêche pas de travailler ensemble, puisqu’ils ont le même objectif: penser. 

Krisis s’inscrit dans un esprit de dialogue. Elle le revendique et en fait son principe fondateur: la revue croit aux vertus de l’échange. Mieux vaut lire un auteur, le comprendre et s’enrichir de sa pensée (même si on en désapprouve l’orientation) que de le réduire au silence. Nous vivons aujourd’hui dans une société clivée, où les gens n’arrivent même plus à se parler: ils se lancent des anathèmes! L’exclusion est de tous les bords, à gauche comme à droite. Chacun ne pense qu’en fréquentant sa propre chapelle, dans un perpétuel entre-soi. 

Krisis existe depuis près de trente ans. Lorsqu’elle publie un auteur, ce n’est pas pour en tirer une caution morale, ou une respectabilité dont elle se moque, mais parce qu’elle croit à la valeur des idées exprimées (ou tout du moins parfois parce qu’elle trouve nécessaire de s’y confronter en bonne intelligence). 

Notre pays traverse une crise sociétale qui reste sans précédent à l’époque moderne; et l’atmosphère ambiante n’a plus été aussi tendue depuis des décennies. Nous devons réapprendre à dialoguer, et aussi à penser. C’est une chose qu’on doit faire à plusieurs. L’heure n’est pas au renforcement de ce qui clive et de ce qui oppose, mais à la recherche d’une nouvelle communauté d’horizon, dans le respect des singularités de chacun. A son modeste niveau, Krisis espère y contribuer.


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