Nihilisme, mal de vivre, crise de la modernité - Thibault Isabel

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Vidéo : Chaque fois qu’un peuple fait sa révolution industrielle et se modernise, il sombre dans un nihilisme de masse, comme en témoigne alors l’explosion des courbes statistiques du suicide et de la dépression. Pourquoi l’entrée dans la modernité s’accompagne-t-elle visiblement toujours de la généralisation du spleen et du mal-être ? En quoi les modes de vie actuels sont-ils susceptibles d’entretenir cet état de déprime ? L’individualisme et la solitude, qui sont désormais le lot quotidien de milliards d’hommes et de femmes à travers le monde, ne forment-ils pas en définitive les contours d’un nouveau mal du siècle ?



Plan de l'exposé

1/ Etat des lieux : le suicide et la dépression sont des problèmes majeurs aujourd’hui
2/ Le mal-être se développe avec la richesse économique des nations
3/ Les modes de vie modernes favorisent la solitude
4/ Les pauvres souffrent plus que les riches de la modernité, au XXIe siècle
5/ La mondialisation des menaces rend toute action individuelle ou collective impossible et nous déprime
6/ Notre ère se caractérise par le désenchantement et la fin des idéaux
7/ La société de consommation aggrave le processus, en valorisant le présent plutôt que l’avenir
8/ La modernité comporte malgré tout de nombreux mérites, comme le goût pour la réalisation personnelle


Textes et auteurs cités dans l'exposé 

Friedrich Nietzsche : «Ce que je raconte, c’est l’histoire des deux prochains siècles. Je décris ce qui viendra, ce qui ne peut manquer d’advenir : l’avènement du nihilisme.»

Emile Durkheim : «Les grandes commotions sociales comme les grandes guerres populaires avivent les sentiments collectifs, stimulent l’esprit de parti et le patriotisme, la foi politique et la foi nationale, et déterminent au moins pour un temps une intégration plus forte de la société.»

Ulrich Beck : «Le visible passe aujourd’hui dans l’ombre des menaces invisibles. Ce qui se soustrait à la perception ne recouvre plus ce qui est irréel, et peut même correspondre à une menace très réelle.»

Friedrich Nietzsche : «Un des désavantages essentiels qu’apporte la fin des visions métaphysiques du monde réside en ce que l’individu se concentre trop intensément sur le peu de temps qu’il a à vivre et qu’il ne se sent pas poussé par des impulsions plus fortes à bâtir des institutions susceptibles de durer des siècles.»

Jean Baudrillard : «La modernité, a perdu l’impulsion idéologique de la raison et du progrès et se confond de plus en plus avec le jeu formel du changement. Même ses mythes se retournent contre elle (celui de la technique, jadis triomphal, est aujourd’hui lourd de menaces). Les idéaux, les valeurs humaines qu’elle s’était donnés lui échappent. La liberté y est formelle, le peuple y devient masse, la culture y devient mode. Après avoir été une dynamique du progrès, la modernité devient lentement un activisme du bien-être.»

Friedrich Nietzsche : «Pour qu’il y ait des institutions, il faut qu’il y ait une sorte de volonté, d’instinct, d’impératif, anti-libéral jusqu’à la cruauté : la volonté de tradition, d’autorité, de responsabilité, de solidarité des chaînes de générations, en aval et en amont. L’Occident tout entier a perdu ces instincts d’où naissent les institutions, d’où naît un avenir : rien qui aille plus à rebours de son "esprit moderne". » « La décomposition, donc l’incertitude, est le propre de cette époque ; il n’y a plus nulle part de fondement solide ni de foi assurée ; on vit pour le lendemain, car le surlendemain est incertain.»


Quelques autres noms à retenir, sur la critique de la modernité

Theodor Adorno, Hannah Arendt, Daniel Bell, Walter Benjamin, Louis de Bonald, Paul Bourget, Jacob Burckhardt, Edmund Burke, Alain Ehrenberg, Sigmund Freud, Marcel Gauchet, Martin Heidegger, Christopher Lasch, Gilles Lipovestky, Joseph de Maistre, Emmanuel Mounier, Robert Nisbet, Jose Ortega y Gasset, Georges Sorel, Hyppolite Taine, Alexis de Tocqueville, Paul Valéry. 

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