L'identité: espoir ou menace? Vidéo de la conférence organisée par Eléments et Krisis






Vidéo : 20 janvier 2016 à Lille.
Alain de Benoist et Thibault Isabel sur le thème de l'identité.

Première d’une série de conférences placées sous l’égide de Krisis et d’Eléments dans la capitale des Flandres, la soirée lilloise du 20 janvier dernier a réuni plus de cent personnes, venues écouter Alain de Benoist et Thibault Isabel sur le sujet brûlant de l’identité. 


A Lille, l’identité pour le meilleur et pour le pire.



Ayant rappelé en préambule que l’identité ne se pose comme problème qu’au moment où elle ne va plus de soi, Alain de Benoist a souligné les différentes dimensions de l’identité : multidimensionnelle (car associant des composantes héritées et choisies), dialogique (on ne se constitue que par rapport à autrui), variable et dynamique au cours de la vie de l’individu ou de de la communauté. En matière de menace sur les identités collectives, Alain de Benoist ne pense pas que notre identité soit d’abord menacée par l’identité des autres, même si une telle menace peut exister : le danger le plus grand est «le système à tuer les peuples», l’imposition d’une homogénéisation planétaire, l’offensive de «l’idéologie du Même». Le capitalisme comme «fait social total» (M. Mauss) s’est avéré le système le plus efficace pour effacer les frontières et les identités. Celles-ci seront menacées tant que l’on ne remettra pas en question les manières de vivre inhérentes à ce système.


Thibault Isabel, quant à lui, lie les revendications identitaires à une évolution anthropologique amorcée réellement à la fin du XVIIIe siècle: l’essor de l’idéal d’authenticité. L’homme est devenu un individu parce qu’il ne veut être rien d’autre que lui-même. À la différence des sociétés traditionnelles, les choix de vie qui s’offrent à l’individu à l’époque moderne sont incommensurables, rendant la question de notre identité plus problématique. Si se distinguer des autres apparaît comme le seul moyen d’exister, l’anonymat qui prévaut dans le monde contemporain ne fait qu’exacerber ce besoin de reconnaissance. En outre, le désir d’être individuellement soi-même n’exclut pas le besoin d’appartenir à un groupe homogène qui ne ressemble lui non plus à aucun autre: le nationalisme n’est, à cet égard, rien d’autre qu’un individualisme à l’échelle de la nation. De l’anonymat, naissent ainsi les pathologies de l’identité, poussées de revendications qui peuvent être tragiques. L’identité «saine» au contraire est celle qui respecte à la fois l’individu et la communauté, et qui ne rejette pas l’autre, mais au contraire l’intègre.







Fourni par Blogger.