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Revue Krisis n°49: Nature?

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À la question de la conciliation de la croissance et de l’écologie, la réponse devrait apparaître évidente à toute personne sensée : une croissance infinie est incompatible avec une planète finie. Cependant, cette évidence qu’un enfant de 5 ans comprendrait, il semble que les responsables politiques et économiques ne peuvent ni ne veulent la comprendre. Elle fait l’objet d’un déni de leur part à tous, à l’exception notable, récente et limitée du Pape François, mais il est vrai qu’il s’agit d’un chef de gouvernement sans responsabilités proprement politiques – sa responsabilité est d’abord religieuse, et le Vatican est un État sans territoire et ne faisant pas partie de l’organisation des Nations-Unies. La plupart des responsables, y compris voire surtout les ministres de l’Environnement, se gargarisent de l’affirmation de la compatibilité de l’économie et de l’écologie, en soulignant même parfois la racine grecque commune des deux termes. Cela permet de contourner, mais de façon pure…

Marx, Freud et Nietzsche : trois pensées dominantes

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Notre temps a connu trois pensées dominantes : deux locomotives et une pendule. Marx et Nietzsche foncent sur leurs rails, sans marche arrière, dans les directions opposées. Freud tient plus de Nietzsche que de Marx, mais l’école freudienne n’en compte pas moins des marxistes, Freud enseigne que, individus ou communautés, nous sommes des balanciers en perpétuel va-et-vient entre le suicide et la jouissance, les mêlant quelquefois – et que, si l’ordre des choses fait que la pulsion de mort finit par l’emporter, c’est comme un miracle que la joie, la paix, le bonheur, la raison, jaillissent quelquefois, par-ci par-là. Ce qui rend ces vertus éternelles c’est justement qu’elles ne le sont pas. Le miracle d’Éros.

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Commandement suicidaire du christianisme : Aimez vos ennemis. Suicidaire ou hypocrite ? Nietzsche le nomme : principe fantaisiste, idéal fantaisiste (Aurore, 377.) Pas plus que pour la chasteté il n’en croit un mot.
Rencontre consciente ou hasard, Freud, en 1930, dans Le Malais…

De la galaxie Platon, Jean Messier, éditions KRISIS

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Reprenant la locution utilisée par Marshall McLuhan au siècle dernier pour désigner le monde des médias – la Galaxie Gutenberg –, je désigne ici par Galaxie Platon toute l'histoire de la pensée, son évolution, ses courants, ses combats qui, en d'innombrables branches, ont concouru, en presque trois millénaires, à fonder notre civilisation. Tâche rendue impossible par la diversité et l'ampleur du sujet, les limites de ma culture, comme celles d'un livre de quelque 300 pages. Montaigne est toujours de bon conseil, aussi ai-je tenté de le suivre : Penser à hauteur d'homme. J'y recense quelques grands courants qui me paraissent capitaux dans ces évolutions, et à mon sens ont plus d'importance que les personnalités qui les fondent ou les dominent, ne serait-ce que parce qu'ils durent plus longtemps.
Il m'a semblé que les grands déplacements autour de la Méditerranée, surtout d’est en ouest, et le remplacement des légendes polythéistes par un monothéisme…

Le transhumanisme est-il incompatible avec l’écologie? Débat entre Frédéric Dufoing et Thibault Isabel

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Débat : 

Krisis :Est-ce que l’écologisme justifie qu’on s’oppose au transhumanisme? Après tout, l’idéal transhumain n’implique pas nécessairement (et même a priori pas du tout) le saccage de la planète… Or, la plupart des écologistes voient dans le «dépassement de l’humain» une sorte d’horreur absolue. En quoi le transhumanisme est-il donc malgré tout anti-écologique, selon vous?
Frédéric Dufoing : En tout! D’abord, l’idéologie écologiste ne se résume pas à protéger la planète, les écosystèmes ou encore à assurer la survie de notre espèce. On a souvent tendance à confondre l’environnementalisme et l’écologisme. Si l’environnementalisme n’est effectivement pas a priori complètement opposé au transhumanisme, l’écologisme l’est. Car l’écologisme im­plique une certaine vision du rapport de l’homme au monde et une certaine organisation de la société. On peut résumer cette doctrine en énumérant quelques-unes de ses valeurs: - la réintroduction de la nature en tant que sujet politique et sujet…

Zoom - Thibault Isabel - Krisis: Nouvelle économie?

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Vidéo : Thibault Isabel, rédacteur en chef de Krisis, présente le dernier numéro de la revue de débats et d'idées. Au programme, la nouvelle économie, la robotisation, l’ubérisation et le capitalisme financier !
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🎥 Zoom - Thibault Isabel - Krisis : Nouvelle économie ?@ThibaultIsabel présente le dernier numéro de @RevueKrisis. Au programme, la nouvelle économie, la robotisation, l’ubérisation et le capitalisme financier !
Cliquez ici pour le Zoom ➡ https://t.co/pz3pYeonUUpic.twitter.com/YaCUOg5Krb — TV Libertés (@tvlofficiel) 6 septembre 2018
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Krisis n°48 : Nouvelle économie?

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Présentation : D’après un rapport mené par un cabinet de stratégie allemand, 42% des emplois français actuels seront très probablement automatisés à moyen ou long terme. Chacun doit mesurer l’ampleur d’une telle prévision: les répercussions immédiates d’un choc d’automatisation aussi considérable risquent d’être ressenties non seulement dans l’économie, mais dans la société tout entière. Le monde ne sera plus le même dans cinquante ans, en bien comme en mal. Les discours qui nous paraissent aujourd’hui alarmistes deviendront peut-être demain dramatiquement réalistes; et les utopies naïves prendront des allures d’urgence et de nécessité. Comment les systèmes d’aide sociale auxquels la France est habituée se maintiendront-ils dans une société où le chômage de masse prendra de telles proportions? A contrario, imagine-t-on qu’un régime économique aussi inégalitaire puisse tenir sur la durée? Lorsque des robots et des algorithmes assumeront la majeure partie du labeur autrefois pris en cha…

La souveraineté populaire : une exigence politique, Chantal Mouffe

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Entretien : Chantal Mouffe est une philosophe politique, professeur au département de sciences politiques et des relations internationales de l’Université de Westminster. Elle a été une proche conseillère de Jean-Luc Mélenchon lors de la campagne présidentielle de 2017.

Dans le débat autour de l’intégration politique en Europe, on a proposé que la citoyenneté ne soit pas liée à l’Etat-nation. Qu’est-ce que vous en pensez?

Chantal Mouffe : La citoyenneté, si elle doit être exercée, doit être liée à un demos, à une communauté politique. Mais le demos ne devrait pas être basé sur une communauté ethnique, sur un ethnos. Le demos n’a pas, bien sûr, à être l’Etat-nation. Je suis très intéressée par les propositions de Massimo Cacciari, un philosophe italien qui fut par le passé maire de Venise, et qui plaide pour un «nouveau fédéralisme»: un fédéralisme qui viendrait «d’en bas», et non «d’en haut». L’idée de Cacciari est que les décisions clés pourraient être prises à plusieurs échelons: pas …